Revue 74e Swiss Real Estate Talk : "IoT in Building Operations" (en anglais)
L'internet des objets (IoT) occupe également de plus en plus le secteur de l'immobilier. Comme l'a montré le dernier Swiss Real Estate Talk consacré à ce sujet, le potentiel de développement de cette zone est encore très important.
"Fata Morgana ou modèles d'affaires rentables ?", tel était le sous-titre du 74e Swiss Real Estate Talk, mi-novembre, dans la salle des fêtes du restaurant Metropol de Zurich. Trois experts chevronnés du secteur de l'immobilier ont présenté dans leurs exposés la manière dont l'IoT se reflète déjà aujourd'hui dans le quotidien de l'immobilier et les opportunités qu'ils entrevoient pour l'avenir.
"Technologie de capteur mature disponible"
Pour Thomas Stadler (CDO chez Bouygues Energies & Services Suisse SA), premier intervenant de la soirée, l'IoT est avant tout un nouveau monde de capteurs et d'appareils de mesure. Les nouvelles données collectées peuvent être utilisées pour obtenir de nouvelles informations, analyser l'utilisation des bâtiments et améliorer l'efficacité de la gestion immobilière. "Avec relativement peu d'efforts, nous pouvons installer ces petits capteurs partout. Nous avons soudainement de nouveaux appareils et bâtiments intelligents", a déclaré M. Stadler, dont la présentation incluait la nouvelle unité commerciale de Bouygues, InTec. "Nous disposons déjà aujourd'hui d'une technologie de capteurs sophistiquée qui nous permet d'appliquer des solutions IoT et de bâtiments intelligents. La technologie n'est définitivement plus le facteur limitant dans l'exploitation des bâtiments." Les principaux obstacles se situent encore du côté humain : la connexion entre l'IdO et les investisseurs ou les propriétaires de bâtiments fait encore défaut. Dans de nombreux cas, les nouveaux services et avantages qu'apportent les nouveaux appareils de mesure sont encore mal connus. En définitive, l'implication des nouvelles technologies et la volonté au plus haut niveau de gestion font défaut dans de nombreux endroits.
"Loin de l'orientation vers la performance".
Michael Rieder, responsable des services numériques immobiliers chez Swiss Post Real Estate Management and Services AG, est d'accord avec Stadler et explique : " Nous devons changer notre état d'esprit. " La Poste, qui est l'un des plus grands fournisseurs de services de gestion d'installations et qui possède un portefeuille immobilier de plus de 2 000 propriétés, est également confrontée à la tâche colossale de rendre son parc immobilier intelligent. "Nous travaillons sur ce projet depuis trois ans", déclare M. Rieder, "et il nous faudra probablement encore beaucoup de temps pour le mettre en œuvre. Il voit dans la gestion immobilière un énorme potentiel de valeur ajoutée, dont il faut tirer parti. À l'avenir, le principal avantage sera dans le domaine du BIM (Building Information Modelling), a prédit M. Rieder. C'est pourquoi la Poste, en tant qu'entreprise publique, mise depuis longtemps sur les innovations internes. Avec IntelliClean, elle a créé un nouveau produit qui, grâce à l'utilisation intelligente de capteurs, a permis de réduire le besoin de nettoyage de 15 % dans les douze bâtiments testés. En 2019, 30 autres propriétés postales devraient pouvoir être exploitées plus efficacement grâce à IntelliClean, a annoncé Rieder. Il a également demandé que l'on abandonne l'approche purement "axée sur les tâches" de l'exploitation des bâtiments au profit d'un "service à la demande".
Nombreux domaines d'application de l'IdO dans le secteur de l'immobilier
Gerald Kremer, Nouveau Chief Digital Officer Global Real Estate chez Credit Suisse Asset Management AG depuis octobre 2018.a souligné qu'actuellement, seul un pour cent environ des objets qui pourraient potentiellement faire partie de l'internet des objets sont déjà connectés à l'internet. Mais selon les prévisions, d'ici 2020, il y aura "plus d'objets que de personnes sur l'internet". D'ici là, un total d'environ 50 milliards d'objets seront "en ligne". Dans le secteur de l'immobilier, le marché des bâtiments intelligents atteindra un volume de 36 milliards de francs suisses. Dans le même temps, les entreprises doivent admettre que 75 % de tous les projets IoT prennent deux fois plus de temps que prévu au départ. Il n'est donc pas surprenant que l'"Internet des objets" ne devrait pas atteindre le plateau de productivité avant 2023 (selon le Hype Cycle 2o18 de Gartner). Pour les investisseurs et les gestionnaires d'actifs, Kremer voit trois principaux domaines d'application de l'IoT. Dans le domaine de la gestion immobilière et des installations, par exemple, le Credit Suisse considère que l'optimisation de l'efficacité énergétique, l'exploitation prédictive des bâtiments et les processus de facturation entièrement automatisés ("smart metering") sont les plus importants. En outre, la relation entre le bien et l'utilisateur devient plus interactive, grâce aux applications pour locataires, par exemple. Enfin, les applications IoT ouvrent également la voie à des modèles commerciaux totalement nouveaux, par exemple à l'interface entre les secteurs de l'immobilier et de l'énergie.
L'"Internet des objets" dans le secteur de l'immobilier va prendre encore plus d'ampleur dans les années à venir, ont convenu les trois intervenants lors de la table ronde qui a suivi (présidée par Markus Schmidiger d'IFZ).
Présentations :
Thomas Stadler, Bouygues Energies & Services Suisse SA.
Michael Rieder, Swiss Post Real Estate
Gerald Kremer, Credit Suisse Asset Management